Il est vrai qu'organiser un vélonu est une chose complexe et risquée. Comme l'a vécue le fondateur de la WNBR lui-même, Conrad Schmidt, les interprétations qu'en feront les spectateurs et surtout les médias peuvent varier énormément. On peut prendre les participants pour des hurluberlus ou au contraire être séduit, voire attiré par le vent de liberté qu'ils expriment par leur nudité dans la rue, et être tenté de les imiter. Tout comme lors des performances photographiques de Spencer Tunick, qui ont tout de même fait avancer la cause naturiste un peu partout dans le monde. On oublie souvent que c'est à Montréal que s'est déroulée la toute première performance publique très populaire, positive et bien organisée de Tunick. En tout cas, c'est la première qui ne s'est pas terminée par une descente de police. Au contraire, la police avait encadré superbement les quelque 3000 participants, grâce à l'organisation bienveillante du Musée d'Art contemporain, en ce petit matin du 26 mai 2001.
Pour revenir au vélonu, le seul organisé par la FQN, le 9 juin 2007, avait été pris en charge par un membre de son Conseil d'administration, Éric Lemieux, qui avait cherché --en vain-- à obtenir l'appui d'organismes écologiques comme Greenpeace. Y ont participé plusieurs autres membres du CA, dont l'avocat Marc Baillargeon, arborant dûment une jaquette jaune fluorescente.
Voici ce que j'écris dans mon livre, p. 66:
En 2007, l’événement a attiré une trentaine de cyclistes (au départ) et quelque cent soixante participants – nus ou en partie nus – des deux sexes à l’arrivée, dont le doyen, Michel Perrault, avait quatre- vingt-un ans. Le problème, c’est que ce premier vélonu organisé à Montréal a aussi attiré environ huit cents curieux au parc Laurier, où avaient lieu le départ et l’arrivée triomphale.
Finalement, les caméras des médias se sont braquées sur certains spectateurs choqués, outrés, vociférants, si bien qu'Éric Lemieux a immédiatement quitté le CA de la FQN et a promis de ne plus jamais s'associer à cette manifestation.
