par Michel Vaïs » 16 Mars 2018, 09:34
Bien sûr que j'ai une anecdote au sujet du Jardin Botanique de Montréal. C'était au printemps de 1984; je faisais la mise en scène d'une pièce de Peter Handke pour le Théâtre Acte 3, La Chevauchée sur le lac de Constance, qui allait être présentée dans les jardins intérieurs du Cégep de Maisonneuve en septembre. Ce jour-là, nous avons décidé, la troupe (4 comédiens) et moi, d'aller répéter le texte près de là, soit dans les jardins du Jardin Botanique. Plus exactement dans la magnifique roseraie. Comme il faisait déjà assez chaud, à un moment j'ai enlevé mon T-shirt et je me suis trouvé torse nu, assis sur un banc, le livre en main, à suivre les répliques que disaient les comédiens, assis ou debout autour du banc.
Voilà-t-il pas qu'un employé du Jardin arrive et m'ordonne de remettre mon T-shirt ! Il me dit qu'il est interdit (pour un homme !) d'être torse nu au Jardin botanique. Je lui ai dit que je ne croyais pas qu'un tel règlement absurde puisse exister en 1984. Il est allé chercher un document intitulé « Projet de Règlement pour le Jardin Botanique », où c'était bien écrit. Je lui ai répondu que ce document disait bien que c'était un « projet » de règlement, donc qu'il n'était pas encore en vigueur. Il m'a menacé d'appeler la police pour me sortir du Jardin : je n'ai pas bougé. Alors, il est allé chercher le directeur du Jardin Botanique, qui est arrivé tout sourire, faisant mine de me comprendre, et qui m'a dit que le Jardin n'était pas un parc, que je pouvais me mettre torse nu au parc Maisonneuve tout près, mais qu'au Jardin on voulait éviter que les gens mangent, s'étendent dans l'herbe ou sur les bancs. Je lui ai dit que j'étais assis, que je n'avais pas envie de me coucher ni de manger, mais que je croyais qu'être torse nu devrait être possible au Jardin Botanique.
Finalement, on m'a laissé tranquille, torse nu. J'ai écrit une lettre au Devoir pour raconter cette histoire. Elle a été publiée les jours suivants. Je pourrais la retrouver, à moins que quelqu'un la trouve rapidement dans les archives du journal.
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