Discutant hier soir avec des amis de Montréal, au sujet de notre possible ou éventuelle participation à la parade de la Fierté gaie de Montréal. Ils me questionnaient sur ma participation à celle de Toronto la semaine dernière. Je dois dire que j'ai grandement apprécié l'expérience, l'enthousiasme de le foule à notre égard a tété sensationnel. J'ai quelques fois par le passé assisté à celle de Toronto en tant que spectateur et j'avais été impressionné par la foule nombreuse massée tout au long du parcours de la rue Church, mais aussi par l'ambiance très festive de l'événement sur la rue Yonge. Cela me rappelait les premières belles années de nos parades de la Fierté à Montréal qui passaient par la rue Saint-Denis à l'époque.
D'événements revendicateurs aux premières années de ces défilés, afin d'obtenir l'égalité sociale pour les personnes homosexuelles à plusieurs égards, ils sont devenus une occasion de fêter la diversité et l'inclusion aujourd'hui. Faut se rappeler qu'au début de ces revendications, les seules personnes ayant le courage de manifester, étaient les groupes communautaires mais aussi les éléments les plus extrémistes et colorés de nos communautés homosexuelles, les efféminés exubérants, les drags queens, et autres groupes plus marginaux, qui osaient affronter l'opinion publique, parfois et souvent dans des tenues peu orthoxes, mais faisant partie néanmoins d'une réalité de nos communautés. Pour comprendre tout cela il faut connaître la " culture gaie ", d'où elle origine. C'est-a-dire dans quel contexte elle a prit racine dans la société qui la réprimait. Il n'y a pas si longtemps l'homosexualité était considérée criminelle, faut-il le rappeler. La seule possibilité pour ces personnes de vivre leur vie homosexuelle, c'étaient de la vivre dans la clandestinité et de créer leurs propres réseaux et codes sociaux. Bien loin des regards de la société hétérosexuelle ils ont pu vivre une semblant de " normalité underground " pendant de nombreuses années. C'est le très Honorable P. E. Trudeau qui en 1969 abrogea cette loi ici au Canada. Mais la loi ayant beau avoir changée, les mentalités elles, prennent du temps à évoluer, nous en savons quelque chose nous naturistes n'est-ce pas ?
Voilà pour ce petit résumé historique.
Je sais qu'à Toronto, pour l'avoir constaté, que des hommes de leur propre initiative paradaient nus depuis quelques années. Cela m'avait surpris évidemment. À cette occasion on fermait les yeux et personne ne semblait s'en plaindre. Une sorte de consensus social autour de cet événement. Rien de disgracieux des hommes simplement nus, souvent d'un certain âge prenaient cette initiative. Peut être sont-ils à l'origine du groupe qui nous suivait à cette parade, les TN? ( Total Nude...) qui je crois sont ceux à qui l'on doit la reconnaissance officiel de la plage d'Hanlan's dans les iles de Toronto, sauf erreur.
Tout ça pour revenir à Montréal.
Faut dire que Montréal n'a pas le bassin démographique de Toronto, loin de là. Toronto est un " melting pot " de nationalités diverses bien plus considérable que Montréal. Avec le temps je perçois une moins grande ouverture d'esprit ici aux divers courants sociaux que chez nos voisins de Toronto, ayant observé aussi une plus grande propension chez nos amis anglos vers le communautaire, ce qui expliquerait possiblement le sens de l'engagement et de la participation plus accentué chez eux. Tout ça pour dire qu'on a du chemin à parcourir afin de rattraper nos voisins ontariens, bien sûr ce n'est que mon opinion .
Personnellement je crois un peu tard l'opportunité de participer à cet événement à Montréal pour cette année. Cependant nous pourrions l'envisager de façon plus réfléchie en se donnant du temps, du temps pour affiner notre stratégie d'intervention face aux médias et aussi de quelle façon afficher nos convictions de manière à rallier les gens à notre mouvement, Michel Vaïs a très bien ciblé les possibles embûches médiatiques qui pourraient nous guetter lors d'un tel événement.
Finalement rien ne presse
Jean Morency