Bonjour Jean.
Permets-moi de réagir à tes propos concernant l’abandon de l’anonymat des naturistes qui interviennent dans les forums ou dans les réseaux sociaux.
En tant que naturistes (…) ne cherchons-nous pas une certaine reconnaissance? (…) comment arriver à cette reconnaissance si nous nous cachons sous des pseudos quelconques et sans jamais oser s'identifier?
Par tes propos, je comprends que la FQN entreprend une campagne pour inciter les naturistes à « sortir du placard ». C’est bien. Dans un monde idéal, tous les naturistes devraient se présenter à visage découvert. Mais, hélas, nous ne vivons pas dans un monde idéal. Il existe, pour beaucoup de naturistes, des contraintes personnelles ou professionnelles qui les empêchent de vivre leur naturisme à visage découvert. Celles-ci doivent être scrupuleusement respectées et on doit se garder de les juger, quoiqu’on en pense. Pire encore, on doit éviter, de façon absolue, de révéler la véritable identité d’une personne naturiste, sans son autorisation expresse ou celle de ses proches. Il s’agit d’un manquement grave à l’éthique et je me demande si cela ne donne pas matière à poursuites en justice. J’imagine que la FQN a tiré les leçons du récent incident survenu à la suite de la divulgation de la véritable identité d’Hervé de Nice, sans l’accord de ses proches.
Cette ligne (l’anonymat) (…) fera toute la différence entre un monde fermé sur lui-même semblable à une secte obscure et un monde ouvert sur les autres vivant au grand jour.
Je trouve qu’ici, tu y vas un peu fort. Ces propos ressemblent à la stigmatisation de ceux qui choisissent, pour une raison ou pour une autre (que nul n’a le droit de juger), de conserver l’anonymat dans leurs interventions dans les forums ou les réseaux sociaux ou même dans leur vie de tous les jours. Il y a en outre une différence entre celles et ceux qui choisissent d’occuper une fonction publique, au sein du CA de la FQN, par exemple, ou dans son forum ou son site Web, et tous les autres. C’est précisément cette majorité anonyme que la FQN est mandatée pour défendre!
Changer les mentalités demande du temps (…) Il suffira d'un lobbying fort pour renverser la vapeur.
C’est vrai que « Paris ne s’est pas faite en un jour», mais la promotion et l’avancement de la cause du naturisme ne dépendent pas que d’un lobbying fort. Il y a bien des façons de faire avancer la cause naturiste. Il faut des lobbyistes (la FQN est là pour ça, non?) et des individus qui, dans leur entourage et leur milieu, et chacune et chacun à sa façon, démythifient le naturisme et le « banalisent », dans le bon sens du terme. Rappelez-vous que ce sont des « anonymes » qui ont fondé et fait progresser le Groupe naturiste de Québec. Il n’est pas nécessaire de crier son identité véritable sur tous les toits pour faire avancer la cause. D’ailleurs, souvent, comme dans le lobbyisme d’ailleurs, c’est loin des micros, des caméras, des forums ou des réseaux sociaux que le travail le plus efficace se fait et ce, dans l’anonymat complet.
(…) le peu d'acquis à ce jour au Québec et ils sont bien minces ne tiennent qu'à un fil. À vous de choisir naturistes, quel avenir vous voulez pour votre mode de vie.
Certes, il est important d’inciter les naturistes à sortir du placard, s’ils le peuvent, mais il faut respecter tout autant ceux qui ne le peuvent pas et, surtout, éviter de laisser entendre qu’ils ne sont pas de véritables naturistes ou de les culpabiliser s’ils ne le font pas. Je conviens que les progrès dans la reconnaissance et la popularisation de notre mode de vie sont désespérément lents; on ne peut non plus s’asseoir sur ses acquis en disant que tout est beau dans le meilleur des mondes. Les grandes avancées du naturisme au Québec se sont faites à une époque où il y avait un grand bouleversement dans les mentalités, et une certaine ouverture au niveau des idées et des pratiques non-conventionnelles. On doit malheureusement reconnaître qu’une vague de conservatisme a soufflé depuis sur tout l’Occident. On doit donc avancer prudemment et adapter sa stratégie à cette nouvelle réalité.