Histoire du naturisme au Québec

Ici il est question de l'avancement du fait naturiste

Histoire du naturisme au Québec

Messagepar Tatou » 03 Octobre 2014, 07:58

J'ai bien aimé lire cet article pour la première fois ce matin


Article intéressant sur l'histoire du naturisme au Québec selon Wikipédia



Les premiers efforts des naturistes québécois pour se regrouper datent environ de 1950.

Quelques pionniers se réunissent dans leurs résidences de la région montréalaise, ou dans des chalets isolés dans les Laurentides.

Mais le gouvernement Duplessis désapprouve le mouvement et les naturistes font face à la répression policière, parfois même dans leur propre résidence. Le petit noyau de militants est aussi miné par de graves conflits de personnalités.

Face au contexte local difficile, les Québécois créent des centres hors Québec à la fin des années 1950 et au début des années 1960, les plus notables étant Maple Glen (au Vermont) et, en Ontario, East Heaven et Le domaine des naturistes du Québec qui deviendra le Centre naturiste Richard Brunet en 1974 (fermé en 2009).

La Révolution tranquille et la libération des mœurs qui l'accompagne, dans les années 1960, permettent au naturisme de faire de nombreux adeptes, surtout grâce au bouche à oreille. Mais les lois restent très frileuses sur la question et l'ouverture de clubs naturistes au Québec reste impossible jusqu'au début des années 1970.

Un premier centre appelé Le paradis terrestre casse la glace, et c'est la ruée dans les années qui suivent. La plupart des centres encore en activité au Québec ont été fondés durant cette période. Notons L'Oasis, fondé en 1973, ainsi que La Pommerie, Loisir Air Soleil et Le Cyprès, tous fondés en 1976. Le Domaine soleil de l'Amitié a été fondé au milieu des années 1980 et La Vieille Ferme, à la fin des années 1990.

La multiplication des initiatives locales permet à la Fédération québécoise de naturisme (FQN), affiliée à la Fédération naturiste internationale (FNI), de voir le jour en 1977.

Il s'agit d'une initiative de Michel Vaïs, un Québécois originaire de Tunisie, qui s'inspire de la structure et des pratiques de la Fédération française de naturisme. La FQN recrute ses premiers membres à La Pommerie, mais l'énergie de ses fondateurs, conjuguée à un contexte social très favorable, permet une expansion rapide.

Les années 1980 constituent une sorte d'âge d'or du naturisme au Québec. D'une part, les centres à vocation commerciale sont nombreux. D'autre part, la FQN organise des activités hivernales très populaires (piscine, surtout) dans de nombreuses régions : à Montréal et Ottawa (à partir de 1978), à Québec (1980), en Mauricie (1982), à Sherbrooke (1984) et Chicoutimi (1985).

Mais ces activités sont organisées sous le chapeau centralisé de la FQN, sans structure club locale vraiment indépendante, et l'essoufflement des quelques bénévoles, combiné à un manque de relève, a raison de ces activités (sauf celles de Montréal) à la fin des années 1980.

Les années 1990 marquent un certain ressac. Les centres naturistes s'éloignent de plus en plus de la FQN et de ses politiques jugées trop centralisatrices.

Les centres vont jusqu'à créer à la fin de décennie, leur propre organisation de promotion, l'Association des centres naturistes affiliés (ACNA) (inactive depuis 2000). Parallèlement, la FQN traverse une crise organisationnelle et financière qui fait un moment craindre pour sa survie.

Les années 2000 présentent un bilan nuancé. La FQN a retrouvé un certain équilibre, mais avec une liste de membres, une équipe et des ambitions réduites.

Les fondateurs de centres ont vieilli et plusieurs d'entre eux ont fermé - faute de relève, en général, les clients ne manquent pas, bien que la clientèle prenne de l'âge. Par contre, la plage libre d'Oka, près de Montréal, malgré son organisation très informelle, s'affirme de plus en plus comme un point de ralliement et le lieu par excellence pour s'initier au naturisme.

Depuis 2008, les médias sociaux et les forums de discussion, en particulier, ont réussi à donner une voix à plusieurs naturistes qui se sentaient isolés. Ceci a renforcé l'intérêt pour la FQN, qui parvient, depuis 2009, à remplir les sept sièges disponibles au conseil d'administration. Mais cela a aussi relancé plusieurs débats difficiles, notamment sur l'acceptation des personnes seules (en particulier, des hommes seuls) dans les centres naturistes.

Ce changement de garde s'accompagne d'une évolution de la pratique. Les plages libres, par exemple, qui étaient autrefois marginales, attirent de plus en plus d'adeptes. Cet afflux provoque parfois des frictions avec les autorités locales et plusieurs plages libres sauvages ont été fermées.

Mais les beaux jours d'été, la plage libre du parc Paul-Sauvé, à Oka, qui jouit d'une tolérance officieuse de la part des autorités de la SÉPAQ, attire plusieurs centaines de naturistes.

Ainsi, en 2012, il y a près de la moitié moins de centre qu'il y a dix ans. Ceci ne reflète pas forcément la désaffection des naturistes, mais plutôt le fait que plusieurs centres naturistes, créés dans les années 1970, ont changé de vocation lorsque leurs fondateurs ont revendu leurs installations. Le renforcement des lois environnementales et le vieillissement de la clientèle compliquent l'ouverture de nouveaux centres.

Par contre, lueur d'espoir, les naturistes des régions semblent vouloir s'organiser, comme l'ont fait ceux de la région de la Capitale-Nationale, qui ont créé, il y a près de trois ans, le Groupe naturiste de Québec (GNQ).
sylvain membre de la FQN
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Re: Histoire du naturisme au Québec

Messagepar Michel Vaïs » 03 Octobre 2014, 09:18

Si vous voulez en apprendre davantage sur l'histoire du naturisme au Québec, je vous invite à lire mon livre, «Nu, simplement» (Éditions Triptyque, 2012), où je donne plus de détails. On peut l'acheter en librairie ou en ligne, en version papier ou numérique, ou encore l'emprunter en bibliothèque.

Voici deux extraits de ce qu'on trouve aux pages 170 et 171:

Mais avant que des centres naturistes ouvrent leurs portes au Québec, les adeptes québécois se retrouvaient en grand nombre dans des centres parfois fondés par des compatriotes et fréquentés massivement par des Québécois. Ce fut le cas en Ontario: le Club Bel Air fut fondé en 1967 par Hector Morneau, un chauffeur de taxi de Montréal, et, en 1969, débuta le Domaine naturiste du Québec (DNQ), qui deviendra le Club naturiste Richard Brunet (CNRB) en 1980. C’est là que les fondateurs du Paradis terrestre ont fait l’expé- rience du naturisme. Ce fut aussi le cas au Vermont, avec le Forest City Lodge (FCL), fondé en 1958 par George Fletcher, de Joliette, et le Maple Glen, issu en 1967 d’une scission du FCL. D’abord nommé le Montreal Recreation Club, le FCL est aujourd’hui connu sous le nom de « Coventry Club ».
[…]
Dans son ouvrage, Woycke note toutefois qu’avant les Quetans, plusieurs clubs éphémères avaient eu des activités naturistes au Québec au cours des années 1940, les membres étant reçus dans des maisons privées ou organisant des sorties de groupes dans des centres américains tel Fernglades, au Massachusetts. Un de ces petits groupes ressort du lot : le club Heleos, dirigé par Adrien Decelles de Saint-Hubert, fondé en 1947. L’hiver, la douzaine de membres se réunissait chez Decelles et sa femme Germaine et, l’été, ils pouvaient profiter d’un chalet appartenant au frère d’Adrien dans les Laurentides. Malheureusement, le terrain n’était pas parfaitement occulté, aussi, outre des dissensions internes, une descente de police en 1950 au domicile de Decelles au cours d’une séance naturiste un samedi a-t-elle mis fin à l’aventure. Ce sont des membres du club Heleos qui, ayant quitté le groupe en 1948, on formé les Quetans en août de la même année. Il y eut même une tentative de fusion entre les nouveaux Quétans et le club Heleos, les premiers ayant un terrain et le club de Decelles, davantage de membres, mais ce projet a avorté. À la fois le club Heleos et les Quetans ont cependant été affiliés à la Canadian Sunbathing Association (CSA), filiale de l’American Sunbathing Association. Deux autres petits clubs, aussi privés que discrets, ont existé au milieu des années 1950, l’un regroupant une douzaine d’adeptes dans une petite île et l’autre, mieux organisé, ayant ses activités au nord de Joliette. Un immigrant allemand, commerçant en fourrure, Max Wertheim, a bien tenté lui aussi d’ouvrir un club naturiste en 1958 autour de Montréal, mais il en a été découragé par Ray Connett, de la CSA, qui avait dépensé des milliers de dollars pour aider Couture à se défendre en cour. Voilà pourquoi Wertheim, qui avait cofondé le Orplid Club de Francfort, a plutôt choisi d’attirer une clientèle francophone montréalaise en Ontario, où il a fondé son East Haven Club. Notons qu’en 1956, Wertheim a personnellement informé de ses plans Lester Pearson, futur premier ministre du Canada, qui allait obtenir le prix Nobel de la paix en 1957. Ce dernier lui a répondu être « toujours heureux de recevoir des suggestions imaginatives de ce genre ».
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