par StephdeChambly » 18 Août 2020, 17:30
Voilà un autre sujet intéressant! Personnellement, je crois que c’est libre à chacun de préserver son anonymat ou non. Dans mon cas, comme pour plusieurs, je n’en ai aucun doute, il y a une évolution, des étapes à franchir pour en venir à n’avoir aucun souci d’être identifié comme naturiste par la société au complet. Quand la personne avec qui on partage sa vie n’est pas naturiste, ça peut compliquer les choses de ne pas garder une certaine discrétion à ce sujet. Les couples qui ne sont pas devenus naturistes en même temps ne font certainement pas exception. Je crois aussi que ce serait plus facile de le partager à plus grande échelle si je vivais dans une région où c’est un mode de vie d’une plus grande proportion de la population, comme certains pays européens. C’est probablement pour cette raison que je me sens plus Français ou Espagnol dans l’âme.
Déjà, des étapes, j’en ai franchi plusieurs. De naturiste caché et solitaire, j’ai réussi à faire accepter à ma conjointe à quel point mon attachement à ce mode de vie est viscéral, et à la convaincre de m’accompagner dans des endroits où le naturisme est de mise, comme à Oka. Pour le moment, elle en est à ses premiers balbutiements, et c’est loin d’être toute la journée! Déjà, que je n’aie plus à faire du catimini pour fréquenter avec elle des sites naturistes, c’est un mur qui me paraissait il y a à peine quelques années infranchissable. Maintenant, pour toutes sortes de raisons, elle adore passer la journée avec moi à Oka. Je peux maintenant réserver des vacances clothing-optional ou encore choisir une plage naturiste en vacances sans appréhension, je sais que c’est très bien accepté et que pour elle, cela va de soi, sachant tout le bien que ce type de vacances m’apporte. Elle réussit à y trouver son compte la plupart du temps. Devenir membre de la Fédération fut une autre étape que je juge importante.
Nos enfants sont au courant de mon mode de vie, de même que mes amis intimes, et, évidemment, ceux et celles qui ont fait connaissance avec moi dans le cadre une activité au naturel, comme à Oka.
Par contre, je ne suis pas encore prêt à le dire à qui mieux mieux. Mes beaux-parents sont très judéo-chrétiens, mon beau-père est en fin de vie, et leur dire ne leur causerait que des soucis, vu leur mentalité, alors que ce serait la dernière chose que je voudrais pour eux, ils en ont assez sur les bras comme ça. Au travail, je choisis les gens à qui me confier, car, ici aussi, je crois que l’harmonie pourrait être entachée vis-à-vis certains, et je ne souhaite pas vivre une telle situation. Évidemment, si je croise un ami, quelqu’un de mon milieu de travail ou un client, par exemple à Oka, je me dis que soit cette personne est là pour les mêmes raisons que moi, et alors tout le monde sera content, ou soit cette personne est venue zieuter, et alors elle aura des raisons d’être mal à l’aise, mais pas moi. Peut-être qu’un jour viendra où tout le monde saura, mais ce sera quand je serai prêt. C’est exactement la même chose pour le genre de travail que je fais. Avec certains, je n’ai aucun problème à le dire. Pour d’autres, je préfère rester discret, simplement parce que je sais que la perception à mon endroit changerait.
Tout cela pour dire que si un bon matin, certains d’entre vous se sont levés en se disant subitement naturistes et que ce même matin, vous avez décidé et été capables de le crier haut et fort à tout votre entourage, je suis bien content pour vous. Je crois cependant que pour la plupart des gens qui décident de vivre selon ce mode de vie, comme moi, il y a un cheminement progressif qui se développe avec le temps, et c’est très bien ainsi. Chacun a sa manière de vivre le naturisme, et ce n’est pas plus homogène que le reste de la vie en société, et je crois que la meilleure façon d’attirer des adeptes est de respecter leur propre cheminement. Si je regarde les jours que j’ai passés à Oka, j’ai vu des gens qui en étaient certainement à leur première expérience, et il y avait souvent près de 400-500 personnes sur la plage. Tous des gens comme les autres, qui passaient simplement une belle journée.
Vous savez déjà mon prénom, le reste suivra, seulement quand je serai prêt, même si je sais pertinemment combien le naturisme m’apporte un bien-être et une confiance en moi qui m’étaient inconnus jusqu’alors. Les pas qui restent à franchir ne signifient pas à mon avis que mon naturisme n’est pas assumé. C’est un work in progress, tout simplement.
Profitez bien du reste de l’été, en espérant récupérer quelques belles journées en septembre et octobre,
Stéphane