par Michel Vaïs » 04 Mai 2016, 18:26
Excellente question ! J'ai connu autant des dames qui ont cessé toute pratique naturiste à un certain âge que d'autres qui ont continué, et même, des dames qui ont découvert la pratique naturiste à un âge avancé. Pour elles, ce fut à la fois une révélation, une révolution et une libération !
La dame dans le train
Cela me rappelle cette inconnue de soixante-treize ans (c’est elle qui m’a dit son âge) avec qui j’ai fait un jour le voyage d’une heure en train, entre Bordeaux et la gare de Vendaÿs-Montalivet. Elle m’a simplement demandé où je descendais : je lui ai dit que j’allais au CHM, le centre naturiste. Elle se rendait à l’autre centre naturiste de la région, Euronat, qui est à quelques kilomètres de Monta. Puis, elle m’a demandé s’il y avait longtemps que je pratiquais le naturisme. J’ai trouvé un peu étrange qu’une inconnue me pose la question, mais j’ai répondu que cela faisait une vingtaine d’années et que je retournais souvent à Monta. Pour elle, c’était très récent.
Voyant en moi une grande oreille, elle est devenue intarissable! À soixante-douze ans, elle s’était mise nue devant quelqu’un pour la première fois de sa vie. Restée célibataire et vivant à Bordeaux, elle s’était occupée de ses vieux parents, maintenant décédés. Elle pensait bien que sa vie était « finie », qu’elle se dirigeait elle aussi vers la décrépitude et la mort, seule, inquiète car n’ayant pas comme ses parents une fille pour veiller sur elle. Une amie d’une amie l’a alors convaincue de venir avec elle passer une journée pour se changer les idées au camping, à Euronat : au bord de la mer, sous les grands pins, l’air salin allait lui faire du bien.
Et voilà qu’elle se retrouve chez les «nudistes» ! Si elle s’en était doutée... Alors, elle s’est dit qu’elle n’avait rien à perdre, à son âge... Et ce fut la révélation. En se mettant nue, elle a eu aussitôt l’impression de revivre, et même, a-t-elle insisté, de vivre pour la première fois. Elle trouve que c’est le plus grand bonheur qui aurait pu lui arriver. Devant un enthousiasme aussi désarmant, je ne peux que continuer à jouer mon rôle de psychologue à deux sous. Je parle uniquement pour la relancer. Pour elle, Euronat, c’est le paradis. Elle ne connaît rien d’autre du naturisme qu’Euronat ; si ce lieu n’existait pas, il faudrait l’inventer. Elle ne regrette qu’une chose : de ne pas avoir fait cette découverte cinquante ans plus tôt. Elle y aurait amené ses pauvres parents, Dieu ait leur âme, ses amis, ses voisins, tous les gens qu’elle connaît. Le naturisme l’a poussée à faire du vélo. Elle se rend nue, à bicyclette, faire ses courses au centre commercial d’Euronat : elle n’a qu’à mettre une serviette sur sa selle. Comme c’est agréable ! affirme-t-elle avec son fort accent bordelais. Elle se baigne dans la mer, elle qui n’avait pas fait ça depuis son enfance... Elle s’est mise au régime (pourtant, je ne la trouvais pas grosse), à faire des projets, à quitter la ville tous les week-ends. Elle s’est fait de nouvelles connaissances, a incité des amies à la suivre. Bref, elle a découvert le bonheur sur terre et elle remercie le bon Dieu de lui avoir fait un tel cadeau. Je n’oublierai jamais le sourire radieux de cette dame, dans le train.
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