Bravo pour cette réflexion !
Pour l'histoire de la lutte de Gwen Jacob visant à faire accepter les seins nus en public au Canada, voir dans «Nu, simplement» le chapitre 7, aux pages 107 et suivantes, dont voici le début :
« Les seins nus
Il y a une vingtaine d’années, un vent de libération a commencé à souffler sur l’Ontario. C’était l’été des seins nus. Tout a commencé par 33o C le 19 juillet 1991, alors qu’une jeune femme de dix-neuf ans décidait d’ôter sa blouse pour promener son chien dans les rues de Guelph. Elle s’appelait Gwen Jacob. La veille, lorsqu’elle avait osé arborer cette tenue pour la première fois (après avoir vu des hommes faire du sport torse nu), une mère d’enfants en bas âge avait porté plainte contre elle. Si bien que lorsqu’elle a récidivé, la police a porté une accusation d’action indécente (art. 173 du Code criminel). Un procès très médiatisé a abouti à une amende de soixante- quinze dollars pour Gwen Jacob. Ce jugement fut maintenu en cour supérieure en 1992. De nombreuses femmes et des hommes ont alors protesté, torse nu, sous les yeux de milliers de badauds, en prenant d’assaut la colline parlementaire à Ottawa. Cinq femmes et une adolescente de Waterloo (où a eu lieu une autre manifestation d’appui à Gwen Jacob) ont été arrêtées, puis acquittées, pour s’être trouvées torse nu en public. La juge McGowan a alors déclaré que notre société pouvait accepter de voir des seins nus dans les rues, tant que cela n’est pas associé à une conduite obscène ou érotique. Ce en quoi elle montrait qu’elle avait bien lu et compris le Code criminel.
Le «cas» de Gwen Jacob, défendue par Me Margaret Buist de London, n’a été définitivement réglé que le 9 décembre 1996, lorsque la cour d’appel de l’Ontario l’a acquittée, statuant que le fait pour une femme de se dévoiler les seins en public n’était pas contraire à la loi. » [...]
