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15 personnes nues - Théâtre

MessagePublié: 11 Février 2015, 14:14
par Michel Vaïs
Une pièce de théâtre a pris l'affiche hier soir (10 février 2015) à Montréal, qui met en scène quinze personnes nues. Voir ma critique parue ce matin sur le site Web de la revue JEU, <revuejeu.org>:
< http://www.revuejeu.org/critiques/michel-vais/les-devoilements-simples-strip-tease-nu-banal >

Noter que dans cette salle, le Théâtre de la Chapelle, les spectacles ne sont pas à l'affiche longtemps. Cette pièce est présentée jusqu'au 14 février inclusivement.

Re: 2 Hommes tout NUS - Théâtre

MessagePublié: 11 Février 2015, 19:41
par Tatou
Voici le lien de mr.Vaïs

Merci pour le résumé. En lisant le texte, je m'aperçois vraiment que j'ai beaucoup de difficulté avec ce genre de nudité.


http://www.revuejeu.org/critiques/miche ... e-nu-banal

Re: 2 Hommes tout NUS - Théâtre

MessagePublié: 13 Février 2015, 10:20
par Michel Vaïs
Voici une autre critique parue sur ce spectacle dans < pieuvre.ca > :
Les dévoilements simples (Strip-tease): se mettre à nu, jusqu’à quel point?
Émilie Plante | 12 fév 2015 | Aucun commentaire
@EmilieJolie

Pensé et mis en scène par Félix-Antoine Boutin et sa compagnie Création Dans la Chambre, Les dévoilements simples (Strip-tease), présenté à La Chapelle jusqu’au 14 février, propose un univers axé sur la mise à nu. Au sens propre, évidemment, et au sens figuré.

Pour reprendre les mots du metteur en scène, Félix-Antoine Boutin, de nos jours, il semble difficile de « se mettre à nu pour mieux se comprendre ». En ce sens, la pièce Les dévoilements simples (Strip-tease) explore les relations avec l’autre et le rapport aux choses, dans un florilège de corps et de saynètes.

Parfois un brin suggestif, quoique plutôt axé sur l’intimité et le désir de se révéler, le spectacle multidisciplinaire met l’accent sur la vulnérabilité de l’être humain, de ses émotions et de son enveloppe corporelle. Une quinzaine d’interprètes, hommes et femmes au physique différent, se livrent au regard du spectateur au son des Variations Goldberg de J.S. Bach. Sur une scène gazonnée, ils incarnent des personnages parfois tendres, parfois incongrus, dans de courtes séquences allant du très primitif au très éclaté. Ils se décortiquent sous toutes leurs coutures, se dévêtent furtivement, se dandinent, se donnent à voir au public avec de petites gerbes de fleurs coincées dans le postérieur, une interprète utilise un tire-lait en direct, tandis qu’un homme se dévêt en commentant son strip-tease en temps réel au téléphone. Et, de temps à autre, une (vraie!) tortue se promène sur le faux gazon…

Lorsque les interprètes quittent la scène, ils ne la quittent pas vraiment, en fait, mais se réfugient derrière des panneaux transparents. Le spectateur assiste donc à un spectacle double : celui qui se déroule à l’avant-plan et celui qui a lieu à l’arrière. Derrière ces cloisons, on voit les interprètes se vêtir, se dévêtir et même réagir à ce qui se passe devant eux. Sans pudeur, simplement, les comédiens et les danseurs de la pièce se livrent à la fois au public et à eux-mêmes.

C’est du strip-tease, sans toutefois chercher à faire du corps humain un objet immodeste ou vénal. Et ce n’est pas, à proprement parler, audacieux. Boutin a voulu faire dialoguer l’intime et le collectif dans cette œuvre illustrée par plusieurs très courts tableaux. Est-ce que le dialogue s’opère vraiment? Difficile à dire. Une touche d’humour lie les artistes entre eux et on sent qu’ils prennent plaisir à jouer. Quelques fous rires fusent parfois, tant dans la salle que sur scène. La ligne entre l’improvisation et le jeu paraît parfois mince. Durant une heure environ, la quinzaine de danseurs et de comédiens nous servent diverses interprétations assez libres de la mise à nu, auxquelles on peut ou non s’identifier.

Re: 2 Hommes tout NUS - Théâtre

MessagePublié: 13 Février 2015, 10:27
par Michel Vaïs
Une autre critique, parue dans « Le Devoir » aujourd'hui:

Effeuillages

Dans la pièce, les corps apparaissent dans toute leur splendeur, mais ils expriment aussi, et peut-être même surtout, la vulnérabilité, la fragilité, l’intimité

Les dévoilements simples (strip-tease)
Mise en scène : Félix-Antoine Boutin.
Une production de la compagnie Création dans la chambre.
Au théâtre La Chapelle jusqu’au 14 février.
Les créations de Félix-Antoine Boutin se suivent et ne se ressemblent pas. Du théâtre de chambre au happening en plein air, de l’installation en cabanes au mythe grec servi à la sauce karaoké, l’auteur et metteur en scène ne s’interdit rien… et c’est tant mieux ! Ces jours-ci, le jeune homme s’appuie sur les Variations Goldberg de Bach pour explorer le thème de la mise à nu.

Les dévoilements simples (strip-tease), c’est une collection d’images d’une beauté exquise, une suite de tableaux peuplés de modèles vivants, une forme de retour aux sources. Dans ce qui s’apparente à une recréation kitsch du jardin d’Éden, carré d’herbe jaunie où sont posés quelques arbustes, où les fleurs et les ours sont faux, mais où les tortues sont vraies, des hommes et des femmes se dévêtent en solo, en duo ou en choeur.

Les corps apparaissent dans toute leur splendeur, mais ils expriment aussi, et peut-être même surtout, la vulnérabilité, la fragilité, l’intimité. Quel bonheur, dans une société où la nudité est le plus souvent ostentatoire et marchande, de la voir redevenir un don, une offrande, un partage, la célébration d’un lien, le gage d’une authenticité, d’une franchise, d’une précieuse honnêteté !

Tout en étant éminemment disparates du point de vue de la forme, les oeuvres de Félix-Antoine Boutin sont d’une remarquable cohérence thématique. Avec cette série de vignettes, des images qui sont souvent drôles, parfois émouvantes, cruellement fugaces, le créateur prolonge son exploration des rapports entre nature et culture, condition humaine et animale, vérité et mensonge, révélation et dissimulation ; en somme des oppositions qui innervent toutes ses réalisations.

Il faut tout de même admettre qu’on reste un peu sur notre faim. Tout d’abord parce que c’est trop court. De cet éveil du printemps, de ce puissant antidote à la morosité ambiante, on aurait facilement pris 30 minutes additionnelles. L’autre source de déception, c’est le peu de corps atypiques figurant parmi la quinzaine d’interprètes.

Tout en reconnaissant la délicatesse admirable du spectacle, sa douceur salvatrice, on ne peut s’empêcher de penser que des corps en rupture avec les standards auraient entraîné la représentation sur des territoires plus riches, plus complexes. Ce sera peut-être pour la prochaine fois.