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La Commission de la capitale nationale (CCN) et le corps policier de la MRC des Collines ont informé la FQN et la FCN qu’ils porteraient des accusations contre quiconque est trouvé nu au LAC MEECH ainsi qu’au VIEUX MOULIN et aux CHUTES de CARBIDE-WILLSON (dans le parc de la Gatineau). Les personnes ainsi arrêtées risquent d’être inculpées et, si elles sont jugées coupables, auront un casier judiciaire. La baignade et les bains de soleil nus le sont à vos propres risques. La MRC et la CCN prévoient accroître leurs opérations furtives et leurs arrestations aux deux endroits au cours de l’été 2012 en vertu de l’article 174 (1) a) du Code criminel du Canada selon lequel « la nudité est prohibée dans un endroit public ».


Cet avis demeurera en vigueur tant et aussi longtemps que la question sera à l’étude devant les tribunaux et que la CCN n’aura pas délivré de permis autorisant la nudité.


Naturisme 101*


Comment parler de naturisme aux "textiles"

par Michel Vaïs



Nous sommes naturistes mais, autour de nous, selon les sondages, entre 80% et 90% des gens ne le sont pas. Nous avons tous des parents, des amis, des collègues de travail, qui nous regarderaient d’un œil incrédule s’ils savaient... Certains naturistes le cachent, ce qui les oblige parfois à raconter des histoires. D’autres ne perdent jamais une occasion pour le proclamer haut et fort, au risque de paraître obsédés par la chose. La plupart d’entre nous le disent, quand l’occasion se présente, mais les mots n’arrivent pas toujours aisément dans la bouche. Cela dépend de la situation, de l’interlocuteur ou de notre humeur. Il n’est pas toujours facile de parler simplement de naturisme, sans s’enflammer, surtout quand on nous sert des arguments tissés de clichés.


Mais d’abord, pourquoi en parler ?


Et bien, justement, pour contrer les préjugés tenaces qui font de nous des originaux, des farfelus, des marginaux, ou pire encore, des gens dangereux parce qu’asociaux et pervers. Il ne faut pas croire que je fais de la paranoïa : le professeur et chroniqueur au Devoir Louis Cornellier fulminait le 15 août 1994 dans La Presse contre « les aspects profondément pervers de cette idéologie réactionnaire » que constitue à ses yeux le nudisme ; sous sa plume, Voltaire, Kundera et Finkielkraut semblaient s’être donné rendez-vous pour ridiculiser toute nudité naturelle. C’est ce genre de condamnations ex-cathedra qui poussent, hélas ! certains adeptes vers le secret ou la clandestinité. Combien d’entre nous se disent que la vie serait donc plus simple si notre mode de loisir était plus largement accepté !


Or, pour avoir souvent parlé de naturisme à des représentants des médias — au demeurant ouverts et bien intentionnés la plupart du temps —, j’ai pu expérimenter un certain nombre d’approches de la problématique. À cet égard, les journalistes ne sont pas différents des autres. Il y a des remarques et des questions qui reviennent tout le temps, et des réponses qui convainquent plus que d’autres.


Distinguer nu et sexe


La plupart du temps, chez les gens qui n’ont jamais expérimenté le naturisme, la machine à fantasmes se met en marche aussitôt prononcé le mot NU. Ils ne le diront pas nécessairement, mais il est clair que lorsqu’ils parlent de voyeurisme et d’exhibitionnisme, de laideur ou de beauté, d’excitation ou au contraire du caractère antisexuel du nu intégral, les gens tournent autour du même pot. Ils trahissent ainsi une attitude puritaine profondément ancrée, selon laquelle le sexe est fait pour rester toujours caché en public. Corrollaire de cette pensée : les naturistes sont destinés à se réfugier dans des ghettos, où ils sont captifs de leurs pulsions. Ce sont généralement ces puritains qui font des plaisanteries pour dissimuler leur gêne, ou monter en épingle des faits divers mineurs (comme un mariage chez les nudistes et autres excentricités).


La première attitude à adopter, lorsqu’on nous fait part de certaines objections, consiste à ne pas nier ou éluder la question. Si l’on nous dit que les centres naturistes doivent être un ramassis de voyeurs, il est un peu simple de répondre que c’est faux, et qu’il suffit d’aller y faire un tour pour le constater. Ou encore de dire que les règlements très stricts empêchent la venue de voyeurs.


Pour ma part, je réponds que c’est vrai, une bonne dose de curiosité est au nombre des motivations qui président à la première expérience naturiste. Seulement, chez la plupart des gens, c’est une curiosité saine et naturelle. Elle est vite rassasiée. Quant aux vrais voyeurs pathologiques, ils sont soit déçus de leur découverte soit guéris. Déçus s’ils étaient à la recherche d’excitation, car le nu intégral est au contraire très apaisant. Guéris si, après quelques minutes ou quelques heures, ils oublient ce qu’ils étaient venus chercher. Je le dis souvent : l’idée de la nudité en commun est plus troublante et excitante que la nudité elle-même.


Repenser à sa première fois


Il est important, lorsqu’on parle de naturisme autour de soi, de se rappeler le « textile » qu’on a déjà été. Il faut respecter le processus naturel, normal, courant, d’apprivoisement du naturisme. Avant de parler de manger nu au restaurant du centre, ou de jouer au volleyball nu, ou de danser nu, il convient d’aborder des sujets moins étonnants. Il ne s’agit pas de mentir, mais de faire tomber les objections une à une, en douceur. Rien ne sert de prêter flanc aux critiques ou aux sarcasmes. Ce n’est pas comme ça qu’on nous prendra au sérieux.


Personnellement, j’ai découvert le nudisme sauvage sur des plages libres quasi-désertes, lors de voyages à l’étranger. Je ne m’éloignais pas beaucoup, alors, de mon maillot de bain. J’éprouvais un mélange de sentiment de liberté et d’appréhension. Pour franchir ensuite la barrière d’un centre naturiste, il m’a fallu du courage. Et là, si je me suis senti tout de suite à l’aise sur la plage, à me baigner et à prendre du soleil, il m’a fallu un moment pour aller faire mes courses à l’épicerie ou m’asseoir au restaurant tout nu sans me sentir bizarre. (La différence que je fais parfois entre nudisme et naturisme est la suivante : le nudiste se met nu mais il reste habillé dans sa tête ; le naturiste en vient à oublier qu’il est nu.)


Lorsque je parle de naturisme à des gens qui n’en ont jamais fait, je ne commence jamais par leur parler des activités d’hiver. Il est plus simple d’imaginer d’abord que l’on aime être nu dans la nature. C’est d’ailleurs là l’essence du naturisme : une manière de vivre en harmonie avec la nature. Nu, on porte « l’habit de nature » par excellence. On est plus sensible à l’environnement, à la caresse des agents naturels sur l’ensemble de la peau. On éprouve un sentiment de bien-être et d’osmose, qui rendent la détente plus complète. C’est un remède incomparable au stress urbain. Voilà pourquoi le naturisme se développe, depuis un siècle, essentiellement autour des grandes villes occidentales. Et voilà aussi pourquoi le naturisme moderne est né dans le nord de l’Europe, où l’urbanisme et le climat froid conjugués l’ont rendu nécessaire. Le naturisme est équilibrant.


La nature avant le social


C’est seulement ensuite que j’aborde la dimension sociale du naturisme. En glissant du psychologique, ou de l’intime, au social, on peut expliquer que l’acceptation de son corps vu par d’autres contribue à une meilleure estime de soi. En outre, la vue des autres nus, donc en situation de vulnérabilité maximale, augmente le niveau de tolérance. On est moins poussé à observer un obèse ou un infirme nu que la même personne habillée. Le nu réciproque et consenti impose une discrétion du regard. Si telle personne, avec son âge, la couleur de sa peau, les imperfections de son corps, arrive à profiter comme moi du bonheur simple d’être nu, en toute sécurité et avec l’innocence d’un bébé, cela me conforte et me rend solidaire de sa démarche. Ces aspects sociaux de l’expérience naturiste, s’ils sont toujours présents, sont peut-être plus évidents lorsque la nature est loin, comme c’est le cas dans les activités urbaines. Voilà sans doute pourquoi beaucoup de gens tiennent à participer à des activités naturistes même l’hiver. Sans compter que pour se baigner, pour prendre un sauna ou pour faire des exercices aérobiques, le vêtement, même réduit au minimum, ne sert à rien.


Un autre élément n’est pas à négliger. On a parfois tendance à penser que lors des activités urbaines, il n’y a aucun contact avec la nature. Et il est vrai que si l’on raconte d’emblée qu’on joue au volleyball et aux quilles nu, à l’intérieur, l’hiver, on risque de se faire répondre que c’est une bien drôle de façon de chercher un contact avec la nature ! À quoi je rappelle que la nature, ce ne sont pas seulement les arbres, mais aussi notre corps. Notre corps est la nature qui est en nous. L’hiver, lorsque le froid nous coupe du contact intime avec les agents naturels et nous oblige à vivre dans nos vêtements et sous les néons la plupart du temps, nous apprécions de pouvoir recréer des petits bouts d’environnement naturel. Que ce soit en contemplant des boiseries naturelles, en s’entourant de plantes d’intérieur et d’animaux de compagnie, en allumant un bon feu de foyer ou en se plongeant avec délices dans un bain à remous, nous nous ingénions à trouver des douzaines de palliatifs aux espaces naturels dont nous gardons toujours la nostalgie. Et bien, le naturisme fait partie intégrante de cette démarche. Le grain de la peau est aussi précieux à contempler que le grain du bois.


Ainsi, on peut doucement aborder avec notre interlocuteur les avantages du naturisme urbain. Mais là aussi, il ne faut pas brûler d’étapes ! La natation est l’activité la plus simple à faire accepter. Tout le monde s’est déjà baigné nu, ne serait-ce que dans sa baignoire. Si quelqu’un dit ne pas comprendre l’intérêt qu’il peut y avoir à le faire (même l’hiver, dans une piscine chlorée), on peut lui suggérer de mettre un maillot pour son prochain bain dans sa baignoire. Il ou elle comprendra alors tout ce qu’on gagne en l’enlevant.


Il est aussi facile de faire comprendre l’intérêt qu’il y a à prendre un sauna sans maillot de bain. En Allemagne, dans les saunas municipaux (il y en a des centaines), la nudité mixte est obligatoire. C’est une question d’hygiène. Puis, si mon interlocuteur est intéressé, je peux parler de sports comme le badminton ou le volleyball, en soulignant que les naturistes les pratiquent généralement dans un esprit de détente. Je ne commencerais jamais à parler des tournois de baseball, ni des massages, ni des discothèques où certains dansent nus. Il y a même des sujets que je n’aborde jamais dans mes conversations avec des gens qui ne sont jamais allés dans un centre naturiste. Ils auraient du mal à comprendre avant d’avoir fait leur propre cheminement.


Être positif


J’essaie aussi d’éviter de m’empêtrer dans les distinctions entre les (méchants) nudistes et les (bons) naturistes. Pourquoi mentionner le fait que dans certains endroits, on s’adonne à des concours de Miss Nue, on organise des défilés érotiques ou on invite ouvertement les couples échangistes ? Ce sont là des pratiques dénoncées depuis plus de vingt ans par la Fédération québécoise de naturisme et par tous les directeurs de centres honnêtes. Demeurons vigilants, mais évitons de faire de la publicité à ceux qui veulent détourner le naturisme de son essence. Ne perdons pas notre temps à signaler ces déviations marginales à ceux qui veulent simplement en savoir plus sur notre mode de loisir.



Il vaut mieux évoquer les éléments positifs. À ceux qui vous demandent si le naturisme progresse au Québec, annoncez-leur que certains signes encourageants semblent témoigner d’une expansion sans précédent dans l’histoire du mouvement. Un nouveau centre naturiste a ouvert en 1998 (à Jonquière) et un autre en 1997 (à Rimouski). Sur la plage libre d’Oka, près de Montréal, l’été 1998 a été très calme, après la tempête de 1997, et on annonce de nouveaux aménagements du Parc qui devraient intégrer le naturisme. Vous pouvez aussi montrer fièrement la revue que vous avez entre les mains (NDLR: Au Naturel, maintenant Naturisme Québec) comme un signe encourageant de développement du naturisme au Québec.


On me pose souvent la question du nombre d’adeptes que nous sommes, et si ce nombre est en progression. Peut-être 10 000 à 20 000 naturistes fréquentent les centres du Québec et quelques milliers d’autres, les plages libres, ici ou à l’étranger. Ce qui donne une population totale d’adeptes actifs de 20 000à 25 000 personnes. C’est beaucoup, et c’est très peu.


Des chiffres


Par contre, le portrait devient plus encourageant lorsqu’on prend note des résultats de sondages déjà publiés sur la question. Encore que certains de ces sondages, effectués pour le compte du Journal de Montréal et tous publiés l’été, semblent avoir été menés avec tellement de maladresse ou de préjugés qu’ils gagneraient à être éclairés par des enquêtes plus sérieuses. Ainsi, en 1996, ce journal nous informe que 11% des personnes interrogées ont répondu « avoir pratiqué le nudisme », et 61% disent être en faveur de la pratique du nudisme « sur des plages réservées ». En 1997, le même journal nous apprend que seulement 6% des gens disent « avoir déjà pratiqué le nudisme » !!! La même année, l’inénarrable Journal de Montréal informe ses lecteurs que 43% des gens ont répondu oui à la question : « Les femmes devraient-elles avoir le droit de s’exposer nues à l’extérieur ? » Enfin, le dernier sondage qui nous intéresse, publié en 1998, dit que 61% des gens ont répondu oui à la question : « Êtes-vous favorable ou non à ce que le nudisme puisse être pratiqué sur certaines plages réservées ? » On le voit, ce chiffre exprimant le niveau d’acceptation du naturisme dans la population est demeuré identique depuis 1996, contrairement au nombre d’adeptes, qui aurait chuté de 11% à 6% en un an, ce qui est absurde. Surtout que l’on a demandé aux gens s’ils avaient déjà pratiqué le nudisme, et non s’ils le pratiquaient encore. À croire que 5% d’entre eux se sont évanouis dans la nature... (NDRL : voir la section de ce site sur le  naturisme au Canada et l'étude réalisée par la firme Market Facts en 1999).


En l’absence de données plus précises ou plus sérieuses, je préfère citer des sondages publiés aux États-Unis et en France, qui situent le nombre d’adeptes autour de 20%. Aux États-Unis, deux sondages nationaux, un Gallup et un Roper, effectués à deux ans d’intervalle ont montré une progression de 15 à 20%. Si, donc, on applique ces données au Québec, on peut estimer qu’une personne sur cinq a déjà connu une expérience naturiste (soit, s’est retrouvée dans un groupe mixte d’adultes en nudité, pour des activités non-sexuelles). Ce qui fait plus de 1 400 000 Québécois. Si l’on ajoute les touristes (600 000 Français ont visité le Québec en 1998 : un sur cinq est naturiste), on arriverait à plus d’un million et demi de personnes qui, l’été, pourraient facilement se retrouver parmi nous, même si seulement 2% d’entre elles sont des adeptes réguliers du naturisme. Et quatre millions et demi de Québécois (61%) approuvent notre mode de loisir.


Pas mal, comme potentiel de croissance, non ?



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 * Le chiffre 101 est utilisé au Québec pour désigner les cours d’introduction dans les collèges.